Petite comparaison…


Imaginez que votre maison brûle. La cuisine pour commencer. Alors que vos animaux domestiques sont déjà morts, la fumée envahit progressivement le couloir. Votre femme et l’un de vos enfants sont en péril, coincés à l’étage il vous est déjà impossible de les atteindre. Si personne n’arrête l’incendie, il vous faudra très vite vous faire à l’idée que la maison brûle toute entière, une partie de votre famille avec… C’est alors que vous remarquez la présence d’un pyromane que vous devinez à l’origine du sinistre et qui s’apprête a allumer un nouveau foyer côté salon . Que faites vous ?

– 1 – Conscient de l’ampleur des dégâts que peut provoquer l’incendie, vous décidez de déserter les lieux et de laisser tout brûler derrière vous, c’est inéluctable la maison est perdue. Alors que la maison brûle encore, vous aménagez une toile de tente en forêt avec ce qui reste de votre famille ; La vie sera plus frugale mais ça se prépare et s’organise…
– 2 – Vous appelez les pompiers et prenez des mesures de sauvegarde drastiques pour essayer de sauver des flammes votre famille et le maximum qui puisse être sauvé. Pendant ce temps, libre de tout entrave ou opposition, le pyromane continue son entreprise sans être dérangé et met le feu au salon, puis au garage, puis partout ou sa psychose trouveras jouissance de nouvelles flammes.
– 3 – Vous commencez par mettre hors d’état de nuire le pyromane avant qu’il ne fasse brûler la maison entière et dans un second temps vous cherchez a sauver votre famille et préserver ce qui peut encore l’être.

Si vous avez choisi l’option un, mes condoléances d’abord, mais pas de chance, après avoir brûlé votre maison, le pyromane s’attaque maintenant a ce qu’il trouve sur son chemin: la forêt en bordure de route et votre tente qui s’y trouve, entre deux grands chênes centenaires.

Si vous avez choisi l’option deux, votre combativité est respectable, votre courage aussi, mais a vouloir ignorer la cause meurtrière qui sous vos yeux allume de nouveaux foyers, vous perdez la bataille et périssez dans votre maison en tentant de sauver votre famille.

Si vous avez choisi l’option trois, vous tenez peut être la votre seule chance de limiter les dégâts ; L’amour que vous avez pour votre famille et la douleur que vous ressentez a l’idée de les voir disparaître, vous donnera peut être suffisamment de force et de détermination pour affronter le pyromane qui, entravé dans sa démarche, ne fera peut être pas le poids, quelque soit ses moyens ou l’état de sa psychose. Quand vous l’aurez « neutralisé » ou mis en fuite, le risque que le feu ne se déclare ailleurs dans la maison étant écarté, vous pourrez alors mettre votre énergie a lutter contre l’incendie quelque soit désormais sa taille, avant peut être que tout ne brûle… Ce n’est pas garanti mais vous avez au moins mis une chance de votre côté pour y parvenir.

Dans le rôle de la maison la planète, dans le rôle de votre famille l’ensemble du vivant, dans le rôle du pyromane le capitalisme, dans le rôle des pompier les ONG et autres écologistes libéraux, et vous…dans votre propre rôle. Serez-vous :
– de ceux qui préparent un monde de permaculture en espérant éviter par l’entraide le chaos qui s’annonce (sans toucher a ses causes).
– de ceux qui attaquent en justice (en espérant naïvement que ceux qui font les règles les laissent gagner), et manifestent avec deux millions d’autres pour un appel a préserver le vivant
– de ceux qui s’organisent pour s’attaquer de manière efficace au capitalisme meurtrier pour le désarmer de son pouvoir ?

Evidemment dans notre contexte d’effondrement, la pire des choses serait d’opposer les trois idées. La complémentarité prévaut en fonction des possibilités de chacun. Les activistes partisans d’actions directes auront besoin du soutien logistique de ceux qui préparent déjà l’après et les forces d’oppositions visibles auront bien plus de poids dans leur revendications si en face de la vindicte populaire se trouve un coupable déjà affaibli.

Pour autant, arrêter le pyromane c’est quand même s’assurer qu’il n’y est pas d’autres départ de feu. Le nôtre s’appelle capitalisme et il est temps de le combattre efficacement…

One thought on “Petite comparaison…

  1. Comparaison forte et dont la chute met K.O. Bravo. « Reste plus » qu’à ecraser le pyromane… Par ou on commence?

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